Survivre à la crise de la quarantaine !

 

Si le mot « utopie » peut aujourd’hui sembler désabusé ou usé, à Vaour, il a pris corps. L’été de Vaour, c’est une aventure humaine, portée par des générations de bénévoles, d’artistes, de salarié·es, d’élu·es, de partenaires, de festivalier·ères et d’habitant·es. Ils et elles ont cru qu’il était possible de créer ici, en milieu rural, un projet culturel exigeant, populaire et accessible à toutes et tous. Depuis le début, le festival repose sur des valeurs qui nous tiennent à cœur : la convivialité, le faire ensemble, l’amour du spectacle vivant et le respect des personnes et de l’environnement.

L’été de Vaour n’appartient pas seulement à celles et ceux qui l’organisent aujourd’hui. Nous ne sommes que des passeurs et des passeuses. Nous avons hérité de cette aventure bâtie par des centaines de bénévoles et d’habitant·es, et avons la responsabilité de la transmettre. Il nous faut l’adapter aux défis de l’époque, sans jamais oublier ce qui l’a fondée : la rencontre, la convivialité et le collectif.

Depuis quarante ans, L’été de Vaour s’est transformé, comme se transforment les êtres et les territoires. Cette aventure a traversé de nombreux moments de doute et de changement. Elle a fait face à des intempéries, des crises et des évolutions importantes. À chaque fois, elle a su se réinventer parce que s’adapter fait partie de son parcours.

Aujourd’hui, de nombreuses questions se posent à nous : climatiques, budgétaires et politiques. Les inquiétudes exprimées ces derniers jours au sujet des fortes chaleurs, de la sécheresse et du risque d’incendie sont légitimes : elles sont aussi les nôtres. C’est pourquoi, depuis plusieurs mois, nous préparons cette édition avec tous les services concernés. Avec la Préfecture, le SDIS, la gendarmerie, le Département et nos partenaires, nous avons mis en place un dispositif renforcé : une équipe professionnelle de premiers secours, un plan canicule, une meilleure communication envers le public, des points d’eau, des brumisateurs, un stand de prévention, des formations aux bénévoles ainsi que la possibilité d’adapter ou d’annuler certains spectacles si nécessaire.

Ce travail de préparation mené avec les services de l’État ne nous dispense en rien de notre responsabilité : nous resterons pleinement mobilisés et adapterons nos décisions en fonction de l’évolution des conditions météorologiques et des recommandations des autorités.

Nous savons aussi que les réponses aux défis climatiques, budgétaires et politiques ne peuvent pas se limiter à des mesures d’urgence. Elles nécessitent une réflexion approfondie, déjà engagée au sein de notre association, pour imaginer le festival de demain. Nous souhaitons mener cette réflexion avec les habitant·es, les élu·es, les services de l’État et tous nos partenaires. Ces questions concernent tout le monde.

L’utopie qui a vu naître L’été de Vaour il y a quarante ans est toujours vivante : celle d’un village qui se rassemble, d’une culture qui se partage et d’un avenir qui se construit ensemble. À nous de continuer à la faire vivre, avec responsabilité, imagination et confiance.


L’équipe de L’été de Vaour
Vaour, le 18 juillet 2026